RENCONTRE avec Jérôme Pellissier

La guerre des ages

Autour de son livre « La guerre des âges »

Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt

Jérôme Pellissier est écrivain, chercheur en Alzheimérologie.. Il est aussi co-auteur avec Yves Gineste de « Humanitude, comprendre la vieillesse, prendre soin des hommes-vieux »
Pour ce nouvel ouvrage il s’attache à répondre par des réponses argumentée et parfois virulentes aux questions suivantes :

– Comment résister aux études particulièrement alarmistes, et bien relayées, sur le vieillissement de notre population?
– Les vieux sont-ils les ennemis des autres générations ? Boucs émissaires désignés, sont-ils coupables de tout : chômage des jeunes, dette (retraites, sécurité sociale), longue vie à soigner …?
– Qui véhicule ces clichés, stéréotypes (Riche comme un retraité) analyses ? Quelle est leur justesse scientifique ? Quelle est la véritable situation des vieux aujourd’hui ?
– Pourquoi ces discours qui ne peuvent mener qu’à la haine et au conflit ? Pourquoi attiser cette potentielle guerre des générations plutôt que chercher à l’éviter ?

Jérôme Pellissier, chercheur et écrivain d’Humanitude avec Yves Gineste , vient de publier aux éditions Armand Colin, La guerre des âges. Un constat franc, précis et direct sur la situation des seniors, des personnes âgées, des aînés, bref de tous les «vieux» dans la société française .
Il viendra nous expliquer la notion même de guerre des âges, sa génèse et sa possible évolution. Il nous démontrera également qu’elle pourrait n’avoir pas lieu… si nous agissons pour l’éviter..
Une dénonciation de la manière dont les seniors sont rendus responsables de tous les maux en France : chômage, inégalités, effondrement des systèmes de santé et des retraites. Cette enquête montre également que la France se signale par l’inadaptation de son système d’accueil et de soins et par l’absence de protection véritable des personnes faibles ou dépendantes.

Il manquait à notre XXIe siècle débutant de solides boucs émissaires de ses doutes et angoisses. On nous les a enfin trouvés : ce sont les seniors, les papy-boomers, les vieux… Qu’importe le mot, pourvu qu’on désigne les coupables : ces millions d’individus dont la  » marée grise  » déferle sur la France ! Des millions de boucs émissaires auxquels nous pouvons faire porter tous les poids : celui des déséquilibres démographiques, celui du chômage, celui de l’effondrement de nos systèmes de retraite et de santé. Des millions de boucs émissaires que nous pouvons accuser de tous les maux : de s’accrocher au pouvoir, de capter les richesses, de faire régner le conservatisme… Bref, d’empêcher la France de poursuivre sa course sur la voix libérale et sucrée du  » progrès « . D’aucuns en viennent même à appeler les jeunes à se révolter, à refuser de payer pour les générations aînées, bref, à déclarer la guerre. La guerre des âges aura-t-elle lieu ? Et si, en fait, elle avait commencé, souterrainement, depuis plusieurs décennies ? Et s’il n’était que temps de dénoncer cette dramatique imposture qui pousse au meurtre social de millions d’entre nous et mène à casser les logiques de solidarité et de transmission générationnelle sans lesquelles un pays n’est plus qu’un vaste supermarché de consommateurs déshumanisés ?

Le 19 mai 2007 à 20h30

Catégorie : Archives | Tags: | Publié le 13 mai 2007

1 commentaire

  1. par Fernande

    Le mai 21, 2007

    Comme je regrète de n’avoir pas su assez tôt l’organisation d’un tel débat. C’est avec toute ma conviction sur l’idée que se fait Jérôme Péllisier des manipulations dont nous sommes victimes que j’aurais appuyé ses dires et ses écrits. Je suis infirmière libérale proche de la retraite et c’est avec une certaine inquiétude que je constate moi aussi que les retraités sont concidérés soit comme une charge, soit comme un potentiel de revenus pour les actifs ou pour les agences de voyages ou autres produits de consomation. Il est donc toujours question de « gros sous ».
    Mais pour moi il y a pire, c’est lorsqu’on essait de nous inculquer qu’il nous faut « mourir dans la dignité »! Dieu sait si j’ai vu des gens mourir, mais je n’est jamais vu quelqu’un mourir indignement. Tout ça pour nous convaincre d’avoir recours à l’euthanasie si on vient à « perdre la tête » alors que l’on sait aussi qu’il est facile de modifier le comportement de qui que se soit avec certains produits… Il faut donc souhaiter que nous ne soyons pas trop tôt génants!